Vet Lab

Le CWD-VetLab, le premier laboratoire commun associant une unité de recherche vétérinaire et une entreprise dédiée à l’équipement du cheval de sport et de son cavalier est soutenu par l’ANR (Agence Nationale de la Recherche).

CWD-VetLab : l’équitation connectée a enfin son LabCom.


Le vendredi 14 juillet 2017, lors du Longines Global Champions Tour à Chantilly, était signé l’accord de collaboration donnant officiellement  naissance au CWD-VetLab. Tandis que les avions de chasse rejoignaient les Champs Élysées pour la Fête nationale, c’est une autre révolution que l’on célébrait à Chantilly : la mise en commun de la recherche au service du bien-être du cheval et de la performance du couple cavalier cheval.

Le CWD-VetLab, le premier laboratoire commun associant une unité de recherche vétérinaire et une entreprise dédiée à l’équipement du cheval de sport et de son cavalier est soutenu par l’ANR (Agence Nationale de la Recherche). 

 

  CWD Vet lab  

 

Un thème fédérateur : l’équitation connectée. 

 

“C’est un événement majeur dans l’histoire de CWD, à marquer d’une pierre rouge. On scelle une collaboration, un engagement à long terme. On s’inscrit dans une dynamique d’innovation, de recherche, de publications et de nouveaux produits. Une dynamique globale qui profitera évidemment à l’entreprise mais surtout à l’intégralité de la filière équine sur les deux piliers que sont le bien-être du cheval et la performance du couple cavalier-cheval” a expliqué Laurent Duray, PDG de CWD. “En associant le monde de l’entreprise, l’université et la recherche dans un système de cluster (grappe) bien connu dans la Silicon Valley, autour du thème de l’équitation connectée, on assure un modèle économique pérenne” souligne Pauline Martin, Docteur en Biomécanique, responsable du service R&D de CWD et co-directeur du CWD-VetLab.

Co-parties prenantes pour la sortie de l'ouvrage Le cheval en mouvement, Anne de Sainte Marie et Pauline Martin ont su se faire une place dans un univers équestre masculin. La première est directrice du Haras de la Cense tandis que la seconde est directrice Innovation & Marketing Stratégique de LIM Group et co-directrice du CWD-VetLab. Rencontre avec deux femmes confirmées au destin équestre éprouvé.

 

Vous êtes aujourd’hui deux figures montantes de la filière équestre de par vos expertises et vos parcours professionnels. Comment en êtes-vous arrivées là ? 

Anne de Sainte Marie : Mon héritage n’y est pas étranger puisque je suis la fille de deux professionnels du milieu équestre. Après des études classiques en école de commerce, j’ai eu la chance d’intégrer l’organisation du Salon du Cheval de Paris et d’y créer la carrière fédérale, les Equirencontres, un CVI, un CDI et de multiples projets passionnants. Puis j’ai eu l’opportunité d’intégrer la Direction Technique Nationale de la Fédération française d’équitation avec pour missions notamment la mise en place des contrats JO / JEM et le suivi des relations avec la FEI. Par la suite, j’ai été approchée par William Kriegel, fondateur du Haras de la Cense pour occuper un poste de direction. J’ai beaucoup réfléchi à cette opportunité, et j’ai sauté dans cette aventure de gestion d’entreprise au quotidien. Poids dans la balance de mon choix, j’ai partagé ce projet avec Caroline et Manuel Godin, amis intimes et professionnels dont j’admire bien sûr les qualités techniques mais aussi la transparence qu’ils s’attachent à instaurer avec les clients, les partenaires et les propriétaires.

Pauline Martin : Pour ma part, je pense avoir eu la chance de croiser les bonnes personnes au bon moment. Après une classe préparatoire BCPST, j’ai manqué de peu le concours vétérinaire. J’avais initialement choisi ce cursus pour être vétérinaire équin / chercheur en biomécanique à l’école vétérinaire de Maisons-Alfort. J’ai alors décidé ingénieure en Biomécanique ce qui me convenait parfaitement, cartésienne, inventive, curieuse… J’ai donc intégré l’UTC de Compiègne en biomécanique. Mon objectif était de marier mes deux passions : biomécanique et équitation. J’ai pu alors intégrer l’École Vétérinaire de Maisons-Alfort en stage de fin d’études. À l’époque, le professeur Henry Château, mon directeur de recherches, m’a proposé un sujet sur « La modélisation 3D du dos du cheval ». De fait, j’ai rencontré Laurent Duray qui, en tant que sellier avait de vrais enjeux sur ces questions. Pour ma thèse, je devais initialement intégrer une grande enseigne sportive populaire, mais finalement, c'est “à fond la forme” que j’ai intégré le groupe LIM pour la réaliser. Aujourd’hui, à la tête du département Innovation & Marketing Stratégique de LIM Group, j’ai pu établir des ponts entre des parties prenantes importantes du milieu du cheval : l’EnvA-CIRALE, différentes universités et entités de recherches, des partenaires industriels, le Haras de la Cense… Ma place aujourd’hui, c’est le symbole de la convergence d’univers différents mais étroitement liés.

 

Si vous deviez garder des souvenirs de réussites professionnelles ou personnelles, lesquels seraient-ils ?

A. de S.M. : Manuel Godin est depuis peu membre de l’équipe des cavaliers du testage des jeunes étalons Selle Français. C’est une belle reconnaissance de notre travail. De plus, le Diplôme Universitaire Éthique, bien-être et droit du cheval mis en place avec Axel Khan est une très belle réussite pour la pérennité de notre sport.

P. M. : Je crois que d’avoir soutenu ma thèse devant un jury composé des personnes qui comptaient pour moi, le Professeur Fabrice Audigié, le professeur Renée Van Weeren, Laurent Duray, fut un très beau moment dans ma carrière tout comme la présence de CWD au CES de Las Vegas. À titre personnel, en tant que cavalière, je crois que la première fois qu’on m’a dit que j’allais travailler avec Kevin Staut, je n’en revenais pas. (Rires)

 

Pensez-vous qu’il y a des différences à occuper des postes à responsabilités quand on est une femme ? 

A. de S.M. : Jusqu’il y a quelques années, je n’avais ressenti aucune différence. Ma mère, fut la première directrice d’un Haras National donc pour moi le fameux « plafond de verre » n’existait pas. Je m’en suis persuadée, jusqu’à ce que je découvre que les responsabilités s’accompagnent, pour les femmes, d’une injonction à faire ses preuves bien plus forte. Au déficit de crédibilité et d’écoute, on s’en sort à coup de travail, d’ingéniosité, de malice, ou des trois !

P. M. : J’ai la chance d’être dans une entreprise qui ne fait pas de différences entre les hommes et les femmes et qui s’attèle à respecter cette égalité. Néanmoins, il faut parfois défendre deux fois plus ses opinions et son savoir. Après, j’ai eu la chance d’avoir fait des études, ce qui me permet de m’imposer plus facilement.

 

Est-ce que les femmes ont des qualités spécifiques pour occuper des postes à responsabilités ?

A. de S.M. : Je n’aime pas les généralités. La caricature, elle, me dérange moins. Alors avec un zeste d’ironie, je pense que le courage n’est pas la plus grande qualité des hommes, même lorsqu’ils sont en responsabilités. En matière de franchise, de transparence et de capacité d’arbitrage, certaines femmes font la différence.

P. M. : Elles ont une sincère empathie. De plus, elles ont un véritable esprit d’équipe et de cohésion.

Comment s’est construit le rapprochement entre le CWD-VetLab et le Haras de la Cense ?

A. de S.M. : Pauline Martin est venue au Haras de la Cense. Le courant est tout de suite passé avec l’équipe de corédaction : Manuel et Caroline Godin, Ludovic et Anne d’Hautefeuille. Les échanges ont été fluides avec une fervente envie de construire une collaboration pérenne qui s’est traduite par la sortie de l’ouvrage Le cheval en mouvement.

P. M. : Au Salon du Cheval 2017 puis au Haras de la Cense. Nous avons mis en relation des savoirs et des compétences différentes de manière très fluide pour pérenniser un ouvrage autour du bien-être animal. La question du bien-être animal est criante dans nos sociétés contemporaines.

 

Pensez-vous que le travail du Haras de la Cense et du CWD-VetLab répond aux préoccupations des défenseurs des animaux ?

A. de S.M. : William Kriegel est un visionnaire sur la relation homme / cheval. Il l’était bien avant que les questions de bien-être animal émergent dans notre univers. Pour lui, les chevaux sont des partenaires et la communication est au cœur de la relation entre l’humain et le cheval. Je pense que cette vision répond en partie aux attentes des citoyens sur la question du bien-être animal. Mais cela ne suffit pas. Il faut s’interroger sur l’éthique de nos pratiques et anticiper pour montrer nos progrès. L’influence des courants animalistes s’accélèrent, il faut faire évoluer notre sport et valoriser notre relation au cheval. J’aime citer Laurent Duray sur ce sujet : « Si vous avez l’intention de construire des boxes, j'espère que vous pouvez les amortir sur cinq ans ! »

P. M. : La question du bien-être animal, je me la posais bien avant mon arrivée chez CWD. En tant que biomécanicienne, je percevais bien l’esprit « d’utilisation » d’un animal pour un loisir. Le bien-être est au cœur de nos préoccupations puisqu’à travers nos recherches, nos produits, nous essayons de rendre la pratique du sport plus respectueuse de la nature du cheval. Aujourd’hui, nous avons la volonté ferme d’affirmer nos convictions au quotidien et nous continuerons à faire des choix en faveur du bien-être animal même si cela doit remettre en question certaines de nos croyances.

 

Pensez-vous que les objets connectés peuvent œuvrer pour le bien-être animal ?

A. de S.M. : Je pense que cela va aider la médecine vétérinaire dans ses recherches. Les données récoltées permettent de mieux comprendre et de mieux diagnostiquer. INNOVATION (19,90 € sur cwdsellier.com Au quotidien, je pense que c’est un excellent outil pédagogique pour l’amélioration des compétences du cavalier. Les indicateurs quantitatifs donnent des références, cela peut également amener à faire évoluer les métiers de l’enseignement et du coaching. Le mix sensibilité / objectivité peut améliorer les compétences du cavalier donc le bien-être du cheval. 

P. M. : Je pense que le bien-être animal passe par les objets connectés. Les données ne peuvent pas mentir et peuvent apporter des réponses et des compétences au cavalier. Bien sûr, l’œil du professionnel reste primordial mais les données permettent d’objectiver et de rationnaliser des situations en faveur du bien-être du cheval.

 

Le laboratoire commun CWD-VetLab ?
CQFD !